Un formidable besoin d’information et de conseil

par | 19 Mar 2026 | Eclairage

Jamais les Français n’ont autant voulu comprendre les questions d’argent et jamais ils ne se sont sentis aussi peu armés pour y parvenir. C’est la principale information du baromètre de l’éducation financière 20261.

Entre inquiétude et besoin de comprendre, les Français souhaitent acquérir une maîtrise suffisante de l’information économique et financière pour être acteurs des décisions qui les concernent. Particulièrement sur les sujets de protection, d’épargne, de gestion financière et de retraite. C’est un long mouvement qui a débuté, il y a près d’un quart de siècle, et qui s’est développé avec la volonté des consommateurs et des épargnants d’être maîtres de leurs choix. Pour cela, ils veulent avoir accès à l’information et à la connaissance et comprendre. De fait, des attentes soutenues se formalisent vis-à-vis des institutions et des professionnels. Ce n’est pas nouveau2. Il existe un mouvement d’exigence qui progresse à l’égard de ces derniers. Dans l’esprit des clients, il s’agit d’un « véritable » conseil et pas seulement d’une explication, plus ou moins orientée vers la commercialisation d’un produit.

Le législateur est à l’unisson. Il ne cesse de renforcer les obligations en la matière et progressivement impose un conseil autonome, pour ne pas dire indépendant de la prestation. Cette conception soulève des résistances fortes des institutions (banque et assurance) et de nombre de professionnels plus préoccupés par la commercialisation des produits que par la satisfaction des clients. Certes peu s’expriment aussi directement, mais la tendance à minimiser l’effort nécessaire est toujours présente arguant de l’impérative optimisation devant le poids des contraintes, le coût des process et bien sûr la consommation du temps commercial. Il a été cent fois démontré que c’est un mauvais calcul. Les banques sont tombées dans le piège, réduisant le nombre de leurs implantations, rationalisant à l’excès l’accès aux conseillers et in fine les éloignant des clients. La digitalisation est un progrès incontestable, mais attention – lorsqu’elle est conduite de manière inconsidérée – aux chocs en retour qui se payeront cash.

Devant la montée des attentes que l’on peut vraiment qualifier de qualitatives, il ne faut pas être grand clerc pour mesurer combien cette démarche rationalisée est contraire à ce qu’attendent les clients. Naturellement ceux qui hissent bien haut l’étendard de l’information et du conseil en récolteront les bénéfices. Attention toutefois, il ne s’agit pas de toiletter les procédures actuelles. Il faut réellement entrer dans une démarche dont le client percevra la valeur ajoutée parce qu’elle est conforme à ce qu’il attend. Les conseillers, particulièrement les intermédiaires, ont une carte à jouer.

Il reste le débat sur le coût du conseil. Celui-ci est fait de temps passé, de compétences, d’investissement professionnel. Il faut accepter que cela a un prix. Sans quoi il ne sera pas délivré ou pas comme il est attendu. En Allemagne, le débat est aussi très actuel avec une focalisation sur un produit « retraite » subventionné par l’état. Celui-ci invoque son intervention pour revoir largement la périodicité et le montant de la rémunération des distributeurs. Mais il prend le risque que ce produit ne soit pas distribué et donc pas diffusé à une population qui semble pourtant l’attendre.
1 Réalisé par OpinionWay et publié par la plateforme d’éducation financière SPAK
2 Etudes MEDI.

Henri DEBRUYNE

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