Les opportunités de la rentrée 2026

par | 2 Sep 2026 | Eclairage

Voici la fin de l’été, avons-nous vraiment le sentiment d’avoir profité d’une pause estivale ? L’intensification des risques climatiques, les transferts de charge de l’assurance maladie et bien sûr la transformation numérique n’ont pas faibli, bien au contraire, pas plus que l’évolution réglementaire, fiscale et l’incertitude politique. Néanmoins, il n’y a pas que de mauvaises nouvelles, la mutation accélérée qui est à l’œuvre ouvre des opportunités de développement bien réelles.

A l’évidence, pour l’assurance les sujets de tensions s’accumulent. La rentrée se présente une nouvelle fois sous le signe de l’incertitude. Politique, avec des élections majeures en 2027 qui font planer des inquiétudes sur les mesures fiscales et les équilibres économiques et sociaux. Géopolitique, avec des conflits armés qui durent, des équilibres mondiaux devenus anarchiques aux conséquences imprévisibles. Economique, face à une croissance atone et une stagnation du pouvoir d’achat. Heureusement, l’assurance française aborde cette rentrée dans une situation convenable et si l’exercice 2026 s’annonce délicat pour les assureurs, le marché marque une relative détente sur les tarifs. A l’unisson, les intermédiaires affichent des résultats honorables.

A court terme, le marché français de l’assurance devrait continuer à croitre, les réassureurs tablent sur une hausse réelle des primes « vie » et « non vie » de l’ordre de 2,5% pour 2026. Une perspective qui permet d’accélérer les mesures d’adaptation. La première, la plus structurante, est la prévention. L’augmentation des risques, climatiques bien sûr, mais aussi cyber et santé notamment, rendent la prévention indispensable. Il n’est pas possible de demander aux assureurs d’assurer l’inassurable. Nous entrons, à marche forcée, dans une exigence accrue de maîtrise des risques.

Une exigence qui s’étend aux risques des particuliers et va faire changer l’offre d’assurance de nature. Si dans un nombre croissant de situations, l’assurabilité passera obligatoirement par la prévention, dans de nombreux autres cas cette dernière, synonyme d’amélioration de la qualité des risques, se traduira par des tarifs en baisse. Une démarche que l’IA devrait rendre plus largement accessible. Souvent présentée comme une menace, si celle-ci tient ses promesses, elle devrait être un outil puissant d’aide à la définition des mesures de prévention. Un outil indispensable à la main des conseillers pour aider leurs clients à faire des choix pertinents.

Quoi qu’il en soit, le statu quo n’est pas une option pour les assureurs et les intermédiaires. Il est tout aussi impossible de soutenir qu’une optimisation des modèles et des procédures actuels serait suffisante pour affronter les enjeux qui sont devant nous. L’avenir de l’assurance passe par une redéfinition de son offre, d’une intervention a posteriori à une anticipation des conséquences. Donc d’une démarche rétrospective, indemniser les dommages survenus, à une approche prospective, la maîtrise du risque pour empêcher sa survenance. Cela peut paraitre théorique, en réalité il s’agit d’une démarche que les assureurs pratiquent depuis longtemps et qu’il faut systématiser avec l’aide puissante de la technologie. En fait, une dimension, qui sans être nouvelle, devient indispensable et qui ne se fera pas sans contrainte. Ce qui va modifier et amplifier le rôle et les responsabilités des distributeurs.

Face à une société qui se complexifie, dont les risques croissent et prolifèrent parfois de manière anarchique, l’assurance est l’une des solutions majeures. Faut-il encore que les Pouvoirs publics et la classe politique s’appuie sur ses leviers plutôt que d’en faire des variables d’ajustement.

Henri DEBRUYNE

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