Comment porter le message de l’assurance ?

par | 4 Juin 2026 | Eclairage

La perspective de l’élection présidentielle française est l’occasion de bien des fantasmes. Entre ceux qui veulent renverser la table et les tenants d’un conservatisme prudent, le débat s’avère improbable. Pourtant, la voie est bien celle de l’adaptation raisonnée, mais déterminée.

L’image de l’assurance est toujours controversée. Cela fait partie de sa réalité, ce n’est pas nouveau, sa cote d’amour n’a jamais été très élevée. Toutefois, elle est moins perçue comme un mal nécessaire et de plus en plus comme un acteur déterminant de la protection collective et individuelle par sa capacité à gérer l’incertitude. L’environnement géopolitique, les évolutions démographiques et les tendances sociétales posent des questions redoutables pour l’avenir et réhaussent le niveau des risques. Les Français en sont conscients et cela joue probablement sur l’évolution du regard qu’ils portent sur l’assurance.

La profession doit en tirer parti. La difficulté est que l’approche des élections de 2027 libère des attentes, des exigences, souvent irrationnelles alors que les problèmes posés requièrent de l’analyse et de la raison. Un dilemme parfois porté par le dogmatisme de responsables politiques, de certains médias, d’organisations de consommateurs qui concentrent des attaques parfois justifiées, souvent approximatives et injustes. L’assurance se retrouve dans la peau du bouc émissaire, mais il faut reconnaitre qu’elle y met du sien. Prudente, pusillanime, elle n’affirme pas assez fort ses propositions adaptées aux questions de ce temps. Certes la tâche n’est pas simple, mais elle ne manque pas d’arguments. La bonne santé du secteur, sa bonne gestion, sa capacité à gérer les catastrophes naturelles et la Covid, nous pouvons le dire avec le recul, sont à mettre à son crédit. Mais qui le sait hors du cercle réduit des initiés ?

Or, les projets auxquels elle est attelée sont majeurs. Elle a initié le concept du partenariat public-privé pour répondre à des besoins de couverture qui dépassent ses propres capacités. Dans le domaine de la prévention, devenue un enjeu central, elle allie savoir-faire et expérience. Il faut faire reconnaitre ces atouts par le plus grand nombre de citoyens. Les organisations professionnelles ont la légitimité pour les véhiculer et les défendre, mais il leur faut changer de braquet. De fait ces propositions restent confinées au périmètre restreint des Pouvoirs publics et des responsables politiques. Le monde de l’assurance ne se donne pas suffisamment les moyens d’être audible. Il faut surement savoir pousser des « coups de gueule » et prendre l’opinion publique à témoin. Il faut le faire avec discernement, choisir ses combats, mais dans le brouhaha ambiant s’affirmer n’est pas un luxe, c’est indispensable.

Si le discours est essentiel, il n’est rien sans sa démultiplication la plus grande possible. Là encore, l’assurance en a les moyens. Elle peut mobiliser ses forces commerciales, de gros bataillons qui chaque jour rencontrent des clients pour relayer des messages simples au cœur de leurs préoccupations. Un travail de longue haleine, mais qui, opiniâtre et constant, donnera des résultats. Dans le tohu-bohu qui nous attend où beaucoup de responsables diront un peu n’importe quoi et son contraire, une parole raisonnable servira de repère.

Henri DEBRUYNE

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