Prévenir et gérer les calamités agricoles et les catastrophes naturelles fait appel à notre intelligence collective

par | 3 Nov 2021 | Eclairage

La mesure de l’impact des périls climatiques à l’horizon 2050 conclut à un doublement des conséquences socio-économiques, soit une charge totale de 143 Md€. Cela représente une augmentation de 69 Md€ par rapport à la charge initiale de 74 Md€.

La FFA vient de publier ses travaux sur l’impact de l’ensemble des périls de ce registre à 30 ans. Ce chiffre astronomique résulte de facteurs différents, mais cumulatifs. En premier lieu, c’est l’enrichissement global de notre pays qui pèse le plus dans cette augmentation (53% soit 37 Md€), à savoir, la densité et la valeur moyenne des logements, des entreprises et des biens des collectivités territoriales. Ensuite, le deuxième facteur est directement lié au changement climatique lui-même (35% de l’ensemble soit 24 Mds d’€). Ces deux facteurs représentent à eux-seuls 88% de l’augmentation.

Les deux régimes conçus pour indemniser les dommages matériels aux biens, pour l’un et aux récoltes pour l’autre sont donc face à une montagne. Il va falloir qu’ils s’adaptent pour rendre les dispositifs gérables sur le plan financier, tant pour les assureurs, pour les Pouvoirs publics garants en dernier ressort que pour les clients dont les cotisations suivront inéluctablement la même pente ascendante.

D’ailleurs, le gouvernement s’apprête à dévoiler une réforme du régime des calamités agricoles qui pourrait allier des franchises donc une forme d’auto-assurance, une garantie assurantielle classique puis un système de calamités agricoles rénové. Ce nouveau dispositif serait doublé d’une forte incitation à l’assurance des récoltes aujourd’hui peu souscrite par les agriculteurs.

Quel que soit le montage du nouveau dispositif, il faudra qu’il soit associé à de fortes implications des assurés dans la prévention. Celle-ci devenant à l’évidence indispensable. Les données de la FFA montrent que l’enrichissement des citoyens comme des entreprises constitue le premier facteur de l’accroissement prévisible des coûts. Et, sur ce terrain chacun d’entre nous a, peu ou prou, une relative maîtrise.

Repenser et adapter ces deux dispositifs devra également répondre à une double revendication croissante de transparence et d’équité. Non pas qu’elles soient absentes aujourd’hui, mais elle sont insuffisamment marquées et affichées. Comme les efforts demandés aux assurés – même lorsqu’ils sont victimes – seront plus grands, leurs exigences se renforceront.

Cette problématique des catastrophes climatiques a poussé, il y a déjà fort longtemps, les Pouvoirs publics et les assureurs à innover en concevant des systèmes efficaces qui furent des progrès importants dans la couverture de risques réputés inassurables. Preuve est rapportée que ce n’était pas le cas et bien des citoyens des pays voisins nous envient ces garanties. Cultivons cette intelligence collective, elle est un gage de progrès.

Henri DEBRUYNE

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