VERS UNE BULLE FINANCIERE DE L’IA ?
La course à l’investissement pour le déploiement et le contrôle de l’IA à laquelle se livrent les « Big Tech » avait déjà battu des records en 2025, avec plus de 300 milliards dépensés. 4 entreprises, Amazon, Google, Meta et Microsoft, vont à elles seules investir plus de 700 milliards de dollars en 2026. A titre de comparaison, le total de l’investissement des sociétés du CAC 40 est d’environ 110 milliards de dollars par an.
Or de plus en plus, c’est l’endettement – jusque là minoritaire dans ce domaine – qui monte en flèche en tant que mode de financement. Certaines levées ont d’ailleurs fait du bruit : en début d’année, Google a ainsi émis pour 32 milliards de dollars de dette, dont certains titres ont une durée de maturité d’un siècle !
Se pose dès lors la question de l’exposition des marchés financiers au secteur de l’IA. En effet, si les Big Tech sont des nouveaux venus sur le marché de la dette, elles en deviennent des acteurs importants au vu des sommes en jeu. L’ampleur du marché futur permettra-t-elle de rentabiliser les milliers de milliards de dollars investis aujourd’hui ?
Les doutes sont exacerbés par une des particularités du secteur, dont l’essentiel des dépenses porte sur les puces et autres équipements de centres de données. Or les progrès technologiques en la matière sont constants et significatifs. Une accélération de l’obsolescence pourrait faire chuter la valeur des milliers de milliards de dollars investis.
A plus court terme, les regards sont aussi braqués sur les start-ups OpenAI et Anthropic, jeunes structures à l’origine de ChatGPT et Claude, qui devraient être introduites en Bourse d’ici la fin d’année et pourraient atteindre des valorisations aux alentours de 1 000 milliards de dollars. OpenAI, qui continue d’accumuler des pertes gigantesques malgré le nombre considérable d’utilisateurs de ChatGPT, devra ainsi démontrer que son modèle économique est viable. Mais le test vaut pour cette industrie dans son ensemble.
Source : Alternatives économiques