PROJET DE RETRAITE PRIVEE ET REMUNERATION DES INTERMEDIAIRES – EN ALLEMAGNE LE DEBAT SE DURCIT

par | 25 Mar 2026 | Brèves

La réforme concernant des régimes de retraite privés subventionnés par l’État s’accélère, et avec elle le débat sur les coûts de distribution admissibles. Lors d’un récent congrès à Berlin sur la planification de la retraite, les positions des associations de consommateurs et des intermédiaires financiers se sont opposées frontalement.

Selon HJ Tenhagen, PDG de Finanztip*, le plafond de coûts de 1,5 %, initialement envisagé en audition devant la commission des finances, doit être abaissé de manière significative – idéalement à 0,5 %. Son raisonnement : la réalité des marchés financiers a changé. Les ETF à faible coût, dont certains affichent des frais inférieurs à 0,2 %, ont modifié les attentes des investisseurs. Un taux de frais nettement plus élevé serait difficilement justifiable du point de vue du consommateur. Il a étayé ses critiques par un calcul : une augmentation des coûts d’un seul point de pourcentage peut réduire les futures pensions d’environ 75 000 €. Selon lui, il s’agit d’un problème structurel du système. « Trop peu d’argent parvient à l’épargnant ; une part importante est absorbée par les coûts ». Il critique par conséquent les subventions publiques : il est difficile de justifier qu’un modèle d’épargne-retraite subventionné soit soumis à des coûts aussi élevés.

De son côté, la Fédération des assureurs (BVK) mettait en garde contre des conséquences majeures pour le conseil et la distribution.  La BVK considère que les conseils qualifiés sont particulièrement menacés. Sans rémunération suffisante, une baisse des services est imminente, avec des conséquences directes sur l’ensemble du système de retraite. Et son président L. Tillmann a ajouté que les intermédiaires n’exercent pas une mission caritative…

Pour certains, le problème tourne autour d’une question fondamentale qui n’a été qu’effleurée jusqu’à présent dans le débat : de quel niveau de conseil un produit d’épargne-retraite standardisé a-t-il réellement besoin ? Le BVK souligne la nécessité d’un contact personnel et d’une consultation active. Les défenseurs des consommateurs privilégient les solutions numériques simples et laissent aux clients l’autonomie dans leurs décisions. Ces visions du monde divergentes ont également influencé les débats à Berlin, sans qu’aucun rapprochement ne se dessine.

Le processus parlementaire sera désormais crucial, et à cet égard les jeux semblent faits :

– Le ministère des Finances indique qu’il y aura « d’autres développements ».

– Il existe également des signaux similaires au sein du groupe parlementaire SPD.

– Le Conseil fédéral exige déjà un maximum de 0,5 %.

*Organisation à but non lucratif dont la mission est de promouvoir l’éducation financière en Allemagne.

Source : Sachthemen

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