LE GENDARME FINANCIER ALLEMAND IMPOSE DE NOUVELLES RESTRICTIONS A LA BANQUE DIGITALE N26
Aux grands maux, les grands remèdes. N26, dans le collimateur de la BaFin pour manquements aux exigences réglementaires, va changer de patron. Un membre actuel du comité exécutif du géant bancaire suisse UBS deviendra directeur général de la fintech berlinoise N26 en avril. Il remplacera le cofondateur de N26, et le codirecteur général par intérim, qui avait été recruté en août par les actionnaires pour stabiliser la banque.
La nomination du futur dirigeant est intervenue quelques heures seulement après l’annonce par la BaFin de nouvelles mesures contraignantes pour N26, destinées à corriger des carences dans son organisation et à renforcer sa solidité financière. Un audit réalisé l’année dernière, ainsi que l’examen des comptes annuels de 2024 ont en effet révélé que la banque digitale berlinoise, fondée en 2013, avait enfreint de nombreuses règles.
N26 illustre les limites d’une croissance rapide sans socle organisationnel suffisamment solide. Depuis 2021, la banque accumule sanctions et injonctions du superviseur allemand pour lacunes en gestion des risques, lutte contre le blanchiment et organisation du crédit. Le régulateur a ainsi plafonné les ouvertures de comptes, restreint le crédit et infligé une amende de 9 M€ à N26, freinant son expansion commerciale et la laissant désormais loin de sa rivale Revolut.
Pour autant, Revolut comme N26 font face au même enjeu stratégique : devenir de véritables banques, capables de générer un revenu par client plus élevé, en particulier via le crédit, l’épargne et la gestion de patrimoine. Cela implique une montée en puissance réglementaire, prudentielle et technologique, mais surtout un changement culturel profond : passer d’une logique de croissance rapide et peu régulée à un métier bancaire centré sur la maîtrise fine des risques.
Source : Le Figaro et N. Darbo