EUROVITA SOUS ADMINISTRATION EXTRAORDINAIRE – ET MAINTENANT ?

par | 5 Avr 2023 | Brèves

Dissolution des organes sociaux avec placement sous administration extraordinaire d’Eurovita Holding spa et Eurovita spa : c’est ce qui a été décidé par le Ministère italien de l’Economie sur proposition de l’IVASS. Le commissaire à la gestion extraordinaire sera Antonio Santoliquido. Le professeur Antonio Blandini (professeur de droit commercial à l’Université Federico II de Naples) est nommé président, tandis que Sandro Panizza (directeur historique de Generali) et Monica Biccari (expert audit de Pwc) sont membres des comités de surveillance.

La décision la plus lourde, cependant, est celle qui implique directement les assurés d’Eurovita, car pour garantir une exécution ordonnée des activités nécessaires à la définition d’une solution de marché à l’ensemble de l’affaire, l’IVASS a décidé de proroger jusqu’au 30 juin 2023 la suspension des rachats des contrats d’assurance et de capitalisation souscrits auprès d’Eurovita.

L’ensemble du secteur italien de l’assurance pourrait être impliqué dans le plan de sauvetage d’Eurovita, même Generali pourtant réticent à l’origine. Selon une première estimation, un montant compris entre 250 et 300 M€ pourrait être dégagé. Grâce à cette injection de capital, il serait possible de remettre sur les rails la compagnie d’assurance, qui, pour l’instant, est contrôlée par le fonds Cinven, lequel il y a un peu plus d’un mois a déjà injecté 100 M€.

A cela pourrait s’ajouter un prêt des banques distributrices : ces derniers jours, les établissements bancaires impliqués dans l’affaire Eurovita auraient envisagé la possibilité d’activer une ligne de crédit d’une valeur totale d’environ 2 milliards, qui constituerait une sorte de « filet de sécurité » sur lequel s’appuierait la société Eurovita pour financer les rachats des polices des clients à partir du 30 juin.

Matteo Del Fante, PDG de Poste Italiane , a eu en interview ces propos étonnamment rassurants : Nous attendons des indications des institutions concernées. J’observe que de toute façon on ne parle pas d’un dossier énorme. D’après ce que j’ai lu, l’écart de capital n’est même pas trop important. Je pense que ce ne sera pas un problème pour le système de résoudre ce problème. »

Cependant, pour fonctionner, le mécanisme a besoin d’un rétablissement de la confiance des clients. En effet, en cas de demandes de rachat importantes, même un tel filet de sécurité peut ne pas suffire, note-t-on dans les milieux financiers : à partir du 1er juillet, les clients seront libres de demander des remboursements anticipés des polices et le risque que cela se produise, malgré l’entrée dans le champ d’opérateurs capables de donner stabilité et crédibilité au plan, est loin d’être exclu, du moins pour une partie du portefeuille… L’idée est en effet largement répandue que la plupart des titulaires de contrats Eurovita se précipiteront dès qu’ils le pourront pour mettre un terme à leurs relations avec l’assureur. C’est pourquoi la solution « système », explique-t-on, doit avant tout rassurer les clients et éviter la ruée vers les rachats de contrats. Entretemps, l’assureur et les autorités ont encore gagné trois mois de délai, et certains imaginent que l’exécutif pourrait intervenir par un décret bloquant les rachats jusqu’au bout. Une solution qui créerait un grave précédent pour le secteur.

Source : Presse financière italienne

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