CORONAVIRUS – L’assurance ne sera pas d’un grand secours pour les entreprises

par | 3 Mar 2020 | Brèves

En 2013 à LYON, l’AMRAE consacrait un atelier au thème « Pertes d’exploitation sans dommage, est-ce possible ? »
Il y était fait un double constat :
– la forte demande, de la part des risk-managers, de garanties adaptées aux risques majeurs émergents (cyber-risques bien sûr mais aussi risques climatiques et systémiques dont les pandémies), non couverts par les traditionnels contrats-cadres où l’application de la garantie PE est conditionnée à l’existence d’un dommage matériel ;
– la réticence du marché à faire évoluer le contrat Dommages aux biens sur les immatériels purs, les rares offres sur mesure ne répondant qu’aux besoins d’une élite : beaucoup de polices PE des grands groupes fonctionnent en « dommages tout sauf ».
En 2014 paraissait un Cahier Technique de la Commission Dommages aux biens de l’AMRAE, dont le titre était « La maîtrise de la perte d’exploitation, l’assurance-vie de votre entreprise ». Ce document évoquait brièvement la couverture de la PE sans dommage, la qualifiant de réflexions pour l’avenir : la notion de dommage matériel aurait pu évoluer vers celle d’évènement.
Aujourd’hui, 7 ans plus tard, cet avenir est notre présent, mais les choses ont si peu changé que la presse peut titrer « L’assurance échappe au risque du coronavirus »… et conclure « entreprises, passez votre chemin… »
Pourtant, un mécanisme a bien été imaginé en 2017 pour faire face au risque de pandémie, et paradoxalement cette forme d’assurance-là a fait des heureux … Il s’agit d’une invention de la Banque Mondiale destinée à aider les pays pauvres : les pandemic bonds, titres au rendement très élevé mais qui doivent obligatoirement être reversés dans un fonds de financement spécifique de la Banque Mondiale en cas de pandémie.  Belle idée, mais vite dévoyée par des critères de déblocage très restrictifs. Aujourd’hui les détenteurs de pandemic bonds les revendent en masse et à bas prix !

Source : MEDI

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